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La Fiesta participative

Ford, afin de lancer sa toute nouvelle Fiesta 2010, a mis sur pied une campagne de marketing participatif tout à fait ingénieuse intitulée Fiesta Movement. Pendant 6 mois, 100 personnes se verront prêtées la toute nouvelle voiture. En retour, ceux-ci devront tenir leurs communautés informées de leur expérience pendant toute la période d’essai .

On aura compris que Ford veut rajeunir son image, et aussi que le groupe cible de la nouvelle Fiesta est la Génération Y. Les médias sociaux, ont le sait, attirent encore surtout aujourd’hui cette génération, et la suivante.

Ford Fiesta

Ce qui est puissant, dans l’approche de Ford, ce n’est pas simplement d’avoir adopté une approche participative qui transformera les 100 conducteurs en puissants ambassadeurs de marque et porte-parole. C’est aussi, et surtout, le fait d’avoir intégré cette campagne a un essai routier. Ceux qui comme moi ont eux la chance de gérer des comptes liés à l’automobile savent bien que l’essai routier est le plus grand déclencheur dans l’achat d’un véhicule. Oui, la pub télé donne de la notoriété, oui, le Web peut nous faire découvrir, par la vidéo ou par l’interactivité, les attributs et caractéristiques d’un véhicule, oui le journal peut nous orienter vers un concessionnaire. Mais il n’y a rien d’aussi convaincant que d’essayer une voiture, lui toucher, la conduire. Voilà d’ailleurs pourquoi à peu tous les concessionnaires d’auto aiment que les maisons mères organisent des essais routiers, en autant bien sûr qu’ils n’aient pas eux-mêmes à débourser pour ces essais routiers ou à les organiser. Aucun problème dans le cas de la Fiesta, c’est le participant au projet lui-même qui gère son essai routier.

Dans une campagne que j’ai eu la chance de développer pour GM alors que je travaillais chez Cossette Communication, un arbre interactif présentant, sur le Web, les qualités vertes de plusieurs véhicules Chevrolet. Cet arbre, dans la première phase de la campagne, était associé à une campagne de marketing participatif où chaque participant invitait ses amis à découvrir les qualités vertes de GM. Plus un participant invitait d’amis à participer à l’expérience, plus son niveau de prix dans le câdre d’un concours était bonifié. La campagne était astucieuse, innovatrice et donnait un nouvel éclairage aux divers véhicules éconergétiques de Chevrolet.

Dans le cas de la Fiesta, toutefois, un chaînon manquant semble avoir été retrouvé : la liaison entre une campagne participative et virtuelle et quelque chose de bien concret : l’essai routier.

Il est certain que «Fiesta Movement» coûtera assez cher à Ford, mais c’est assez peu quand on évalue ses possibles retombées. On peut en effet parier que la campagne, en tirant intelligemment profit de la force des réseaux sociaux et participatifs, aidera grandement les ventes de la voiture dans un contexte économique difficile. Par son ingéniosité, elle pourrait aussi produire un «effet halo» déteignant sur les autres modèles de Ford et ouvrir un dialogue avec les jeunes — chose de plus en plus difficile pour les constructeurs automobiles américains.

Marketing et publicité de propagation

La pub télé la plus chère de l’histoire du Royaume-Uni et l’importance de la «propageance»
Quelqu’un croit-il encore qu’il faille d’énormes budgets pour faire des spots télé et des vidéos efficaces ?

Au Royaume-Uni, le spot publicitaire le plus cher de l’histoire est un commercial sur la bière Guinness. Intitulé «Domino», ce spot est évidemment bien fait, léché, efficace :

Dans une initiative de bouche à oreille électronique, «Domino» a bien sûr été placé sur YouTube. Mais sans véritable succès marketing. Pourquoi? En partie parce que sa potentialité de propagation n’a pas été tenue en compte lors de son idéation et conception.

Tout récemment, toujours au Royaume-Uni, la compagnie Pot Noodel a eu vent de ce spot et a décidé d’en faire une parodie de 75 secondes pour la St-Patrick. Voici ce spot qui fait la promotion du produit Pot Noodel:

Fait des plus intéressant, ce spot télé intitulé «Tipping Pot» a réalisé avec un budget et des moyens fort restreints et a été visionné 5 fois plus sur YouTube que le spot «Domino», et ce en quelques jours seulement. Quand on saisit la force virale et propagatrice de plateformes sociales telles que Google ou Facebook, on peut se rejouir d’au moins deux choses. Premièrement, que la pub télé/vidéo est maintenant accessible et démocratique. Deuxièment, que l’image de marque est de plus en plus entre de bonnes mains : celles des consommateurs.

Plus que jamais, il faut tenir compte de la potentialité à la propagation des iniatives de marketing et publicité. Cette potentialité, que l’on pourrait nommer «propageance», est en fait aussi importante aujourd’hui que les notions de notoriété, visibilité, considération et engagement. Et si elle l’était même plus ?